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Un texte de Milan Orin

Les anges invisibles

L’essentiel, dans une vie, ne s’explique pas toujours. Il se ressent.

Illustration du texte Les anges invisibles de Milan Orin
MO

Certaines personnes se moquent de ceux qui regardent le ciel. De ceux qui parlent de signes. De ceux qui croient encore aux présences invisibles. Comme si tout ce qui ne se touchait pas n’existait pas. Et pourtant… Dans les moments les plus sombres, quand tout en nous vacille, quand la vie nous arrache presque la force de continuer, ce ne sont pas toujours les grandes certitudes qui nous sauvent. Ce sont parfois des choses discrètes. Un regard. Une présence. Un sourire venu au bon moment. Une main tendue sans bruit. Un signe si léger que seuls ceux qui souffrent vraiment savent le reconnaître. Je crois qu’il existe des anges que l’on ne voit pas toujours. Pas ceux des images parfaites. Pas ceux que l’on exhibe dans de belles phrases pour faire joli. Je parle de ceux qui nous tiennent la main quand tout semble perdu. De ceux qui passent par une âme, un mot, une lumière, une douceur inattendue. De ceux qui nous empêchent de tomber plus bas alors que personne ne voit notre chute intérieure. Le problème, c’est que beaucoup ont fini par ne croire qu’en ce qui fait du bruit. En ce qui se montre. En ce qui se prouve. En ce qui s’explique. Mais l’essentiel, dans une vie, ne s’explique pas toujours. Il se ressent. Alors oui, parfois, il faut lever les yeux vers les cieux. Pas pour fuir la réalité. Mais pour se souvenir que tout ne se limite pas à ce que nos yeux peuvent saisir. Que certaines présences veillent encore. Que certains signes sont là. Et que même au bord du vide, nous ne sommes pas toujours seuls. Encore faut-il avoir le cœur assez vivant pour les reconnaître… et l’humilité de leur sourire.

— Milan Orin

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